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Matthias

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mer. 6 mai 2015

MATTHIAS, UNE VIE SAUVEE

 

En avril 1997, un bébé de Fegersheim recevait un foie qui lui sauvait la vie. Devenu adolescent, Matthias KOCHER témoigne à l'occasion de la journée mondiale pour le don d'organes, dimanche 17 octobre.

 

Comment Matthias pourrait-il se souvenir du don d'organes dont il a bénéficié ? A l'époque, il avait 18 mois. C'était un bébé tout maigre au ventre démesurément gonflé à cause de la cirrhose. Atteint d'une « atrésie des voies biliaires », une malformation détectée trop tard pour lui créer des canaux artificiels. « Je devais avoir une greffe du foie, sans ça, entre quatre et six ans, je serais décédé », raconte aujourd'hui l'adolescent de 15 ans qui habite à Fegersheim.

 

« Pour qu'une greffe soit possible, il fallait attendre qu'il pèse 10 kg. Il est resté neuf mois à l'hôpital, nourri par sonde. C'était du gavage », lâche sa maman, engagée depuis dans l'Adot, l'association pour le don d'organe et de tissus humains.

 

« On reçoit un coup de fil. La terre s'arrête de tourner »

 

La veille des vacances de Pâques 1997, Matthias pèse enfin les 10 kg requis. Il est inscrit sur la liste des malades en attente de greffe, ce qui peut durer des mois. « Le samedi d'après, à 20 h, on reçoit un coup de fil. La terre s'arrête de tourner », se souvient la maman avec émotion.

Depuis, dans la famille KOCHER, le 20 avril, jour de la greffe, est fêté comme un deuxième anniversaire de naissance. Matthias a conscience que le foie qu'on lui a implanté a été un énorme cadeau, mais, s'excuse-t-il, « je n'aime pas trop en parler parce que je n'ai pas envie à chaque fois d'y revenir. Je voudrais juste être comme tout le monde ».

Et il l'est presque. En treize ans et demi de greffe, il n'a connu aucun rejet, et tous ses examens « sont très satisfaisants », explique sa mère. A tel point qu'il a pu supprimer les corticoïdes quotidiens il y a deux ans et qu'il va bientôt pouvoir se passer d'un des deux médicaments anti-rejet qu'il doit avaler tous les jours à 6 h et 19 h précises.

 

Matthias est entré au lycée en septembre. « En début d'année, dans la classe,quand on s'est présenté, j'ai tout de suite dit que j'étais greffé. Comme ça, c'était fait. » Le jeune homme ne participe pas à tous les cours de sport : pas de hand ou de foot, ni ce qui pourrait engendrer un choc abdominal.

 

« Ma carte de donneur, je l'avais bien avant la naissance de Matthias. Donc j'étais un peu préparée, témoigne la maman. Même si je pensais donner, et pas recevoir, encore moins pour un bébé. Mais parfois, les gens font des réflexions très dures. Comme : « Un enfant a dû mourir pour sauver votre fils. » C'est difficile de se prendre ça dans la figure ».

 

Et la vie a enfin commencé

 

Sauf qu'aucun enfant n'a dû mourir « pour » sauver son fils. Un enfant était mort accidenté, de toute façon. Et, grâce à l'accord de sa famille, son jeune foie a pu être transplanté. Dans le corps de Matthias, l'organe vital a diminué de taille pour s'adapter à l'âge du bébé qu'il était alors. Son ventre a dégonflé comme par magie. Et la vie de Matthias a enfin commencé, pour de vrai.

 

Article de Charlotte DORN- DNA 16 octobre 2010