Chargement en cours

Don d'organes : des pistes contre la pénurie

don_organes_mag_banner.jpg
mer. 8 juillet 2015

 

D'après un article de Paul MOLGA paru dans le journal "Les Echos" du 22.06.2015

Paul Molga observe dans Les Echos que "la demande de transplantations explose. Pour accroître le stock d'organes compatibles, les scientifiques explorent les mécanismes de rejet afin d'améliorer la tolérance immunitaire"

Le journaliste relève qu'"avec la découverte des propriétés immunosuppressives de la ciclosporine et de ses cocktails de dérivés qui réduisent l'efficacité des défenses immunitaires responsables du rejet des greffons, la science a fait des bonds spectaculaires depuis 50 ans pour permettre de transplanter à peu près tous les organes avec succès : cornée (première en 1946), rein (1959), coeur (1967), foie (1972), pancréas (1076), poumon (1987), moelle osseuse, peau, cartilages, cellules souches ..."

"L'OMS estime à environ 107.000 dans 95 pays, le nombre de transplantations réalisées en routine dans le monde, greffes de rein en tête. Mais, avec l'augmentation de maladies chroniques comme ke diabète, les besoins seraient dix fois supérieurs" note Paul Molga.

Le journaliste explique que "le trafic illégal d'organes et le renforcement de l'arsenal législatif répondent partiellement à la pénurie. Le premier représentait déjà 10 % des greffes réalisées dans les pays riches, où les tarifs de contrebande peuvent atteindre 150.000 € pièce. La France vient de donner un coup d'accélérateur au second en adoptant mi-avril une loi qui renforce le consentement présumé du don d'organes pour tous, exception faite du signalement de son refus dans un registre national ad hoc"". Paul Molga ajoute que "la science espère également réduire ce déficit en explorant plusieurs pistes. Le principal objectif des chercheurs est d'augmenter la tolérance immunitaire responsable des rejets. Les chiffres varient selon les organes greffés mais, globalement, environ 10 % des greffés ne tolèrent pas le nouvel organe dès la première année, et 50 % au bout de 10 ans".

 

"Surtout, les effets secondaires sont dévastateurs : la moitié des patients greffés [...] présente à un moment ou à un autre un cancer de la peau ; 10 à 15 % d'entre eux développent un diabète ; tous souffrent d'hypertension, de maux de ventre, de diarrhées et ils sont également très sensibles aux infections" continue le journaliste.

 

"L'Institut de thérapie cellulaire de l'Université de Louisville, dans le Kentucky, pourrait bien tenir une partie de la réponse à ce problème. En 2010, ses équipes ont conduit un essai clinique associant une greffe de cellules précurseurs des cellules immunitaires, et un rein. Après avoir colonisé la moelle osseuse des 5 patients, ces cellules souches ont produit de nouvelles cellules immunitaires apparentées à celles des donneurs et facilité l'acceptation du nouvel organe au point de permettre l'arrêt des traitements immunosuppresseurs. Depuis, l'expérience a été reproduite au General Hospital de Boston, et d'autres procédés dérivés de cette première ont été testés", relève le journaliste.

 

Samuel Strober (Université de Stanford) estime pour sa part qu'"on assiste à un tournant dans la technique des greffes". Paul Molga explique qu'"avec son équipe [...] il a réussi la transplantation sans traitement anti rejet d'un rein entre deux frères en détruisant le système immunitaire du receveur pour le remplacer par celui de son donneur à partir de cellules souches.

Chez la souris, deux équipes de l'INSERM ont également testé sur ce principe un cocktail de cellules souches et d'anticorps monoclonaux ciblant une protéine présente à la surface des lymphocytes T. [...] L'administration de cette solution a permis la survie du greffon pendant plus de 100 jours sans traitement antirejet". Sylviane YOU, coauteure des travaux, précise que "ces anticorps éliminent les défenses qui détruisent le greffon mais épargnent les lymphocytes régulateurs qui établissent une tolérance immunitaire vis à vis du nouvel organe".

 

Paul Molga note enfin que "cette avancée ouvre de nouvelles perspectives pour les alternatives aux greffons humains. Grâce à l'impression 3D, la fabrication d'organes bio-artificiels enregistre ses premiers succès. Une équipe américaine est déjà parvenue à reconstruire une vessie fonctionnelle qui a été greffées chez plusieurs patients. Des organes plus complexes comme le foie sont désormais dans la ligne de mire de ces "AutoCAD de cellules souches".

 

 

 

Commenter cet article

Il n'y a pas de commentaires pour le moment

  • En cliquant sur "Envoyer le commentaire", vous acceptez le fait que vos données inscrites ci-dessus seront utilisées par ADOT 67 dans le but pour lequel ce formulaire a été mis en place. Aucune donnée ne sera utilisée dans un autre but, sans votre consentement éclairé, ni ne sera communiquée à un tiers. Vous pouvez à chaque instant demander l'accès, la modification ou la suppression de ces données en nous écrivant à l'aide de notre formulaire de contact ici.